Jean Baptiste Bogé (7ème épisode)

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Témoignage de Luyne Joseph, 60 ans, propriétaire, 8 rue de Constantine :

" j'ai entendu dire que Jean Baptiste Bogé a été blessé en combattant sur la barrière Poissonnière, et par des voisins, que Jean Baptiste Bogé aurait dit furieux dans sa chambre : nous avons perdu la première manche mais j'espère que nous gagnerons la seconde."

Témoignage de Marie Finel, femme Trévoux, 49 ans, serrurier, 19 rue d'Alger :

"le samedi vers 3 ou 4 h, il revient de Paris et a dit sur un ton très en colère : nous allions pour fraterniser avec la garde nationale et la civile, ils ont tiré sur nous".

Témoignage de Eugénie Candide Charles, femme Coulaux, 48 ans , concierge, 19 rue d'Alger :

"Je connais Bogé depuis environ 9 mois, époque à laquelle il est entré chez M. Leroy, boucher comme garçon étalier. Il aurait dit en rentrant de Paris : nous les tenons, les gardes mobiles voulaient se rendre, mais nous n'en voulons plus, nous en ferons de la chair à saucisses.

Le vendredi, il est sorti vers midi avec son fusil.

J'ai entendu dire qu'il fréquentait les clubs (syndicats). Le samedi il n'avait plus son fusil. Je l'ai vu retourner sur Paris, on a dit qu'il avait laissé son fusil à la barrière, on l'a ramené blessé chez lui le dimanche. j'ai entendu dire que Bogé avait des opinions exaltées, il fréquentait les clubs et était ivrogne".

M. Leroy, maitre boucher chez lequel travaillait l'inculpé dit bien "qu'il se grisait mais qu'il n'a pas été aux barricades et dit l'avoir envoyé le vendredi l'après-midi à la Place Maubert pour savoir s'il pourrait passer pour aller vendre sa viande le samedi au marché et que c'est en revenant qu'il aurait été blessé. Cette déclaration je la crois fausse et les précédentes je les croie vraies

signé Fiot, service de sûreté.

Devant le Tribunal militaire, il redit :

"le vendredi matin 23 juin je suis descendu avec ma compagnie au faubourg poissonnière, ma compagnie ayant été dispersée, j'étais remonté vers La Chapelle ; vers 3 h nous avons entendu une forte fusillade, je suis allé au bout du Faubourg Saint-Denis pour voir ce qui en était, mais quand je descendais le faubourg une autre fusillade a recommencé, j'ai reçu une balle dans la cuisse. On m'a transporté chez moi,(son domicile a été perquisitionné sans qu'on y trouve rien et ensuite il est conduit à l'Hôtel-Dieu pour être soigné).

Le 14 juillet, on est venu m'arrêter dans mon lit, mais je n'ai pas été aux barricades ni avec les insurgés."

Verdict : sera transporté.

Il est aussi mentionné dans un petit coin : veuf, deux enfants

J'aurais voulu en savoir plus sur la transportation et la grâce. Il y a encore des recherches à faire.

à suivre....

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