Jean-Batiste Bogé (9ème et dernier épisode)

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Jean-Batiste Bogé (9ème et dernier épisode)

Les insurgés sont répartis dans les différents forts qui entourent Paris ainsi que dans des centres pénitentiaires comme St Lazare pour les femmes , Sainte Pélagie à Versailles, La Roquette , la Conciergerie et la Maison de la Force, rue St Antoine . Sur le procès de Jean-Baptiste il est noté au crayon "Saint-Lazare". Y aurait-il eu quelques hommes ?

Tous ces prisonniers seront emmenés par vagues successives dans les ports où ils seront soit enfermés dans des prisons, soit emprisonnés sur les pontons de bateaux : au Fort National de l'Ile Pelée, au large de Cherbourg et au Fort du Houmet, dans la citadelle de Port-Louis et sur les pontons de la Didon, de la Guerrière, de l'Uranie et de la Belle Poule à Brest, du Triton à Cherbourg et de la Sémillante à Lorient.

Jean-Baptiste fait partie des 193 prisonniers de la Sémillante, il porte le numéro 151.

Le nom de La Sémillante vous évoque peut-être quelque chose. C'est une grosse frégate de 3 mâts, à voiles, de 54m de long, équipée de 56 canons.

Elle sera lancée le 16 février1841.

En 1854, elle sera affectée à la flotte qui opérait en mer Baltique, pour le transport de troupes.

En janvier 1855, elle rejoint Toulon et le quitte en février à destination de la Crimée. Au large de la Corse la tempête fait rage. Le 15, vers midi, la frégate éclate sur les rochers des îles Lavezzi et coule. Aucun survivant.

Alphonse Daudet a raconté "L'agonie de la Sémillante" dans Les lettres de mon Moulin.

Jean-Baptiste arrive à Belle Ile le 28 avril 1849, il sera remis en liberté le 3 décembre 1849 et non gracié comme on me l'avait indiqué. Je n'ai pas trouvé son nom dans les listes de demandes de grâce.

Il me restait à savoir ce qu'il était devenu après sa libération !

Je ne l'ai pas retrouvé à Rozoy sur Serre ni dans les mariages, ni dans les décès, ni dans les recensements.

Un appel lancé sur Généanet m'a fait communiquer avec Jacqueline qui me signale le décès d'un Jean-Baptiste Dieudonné Bogé à Paris dans le 12ème arrondissement, trouvé dans l'état-civil reconstitué.

(les archives ont brûlé avec l'Hôtel de Ville en 1871)

Au archives de la Ville de Paris, Porte des Lilas, je découvre sur le microfilm correspondant, l'acte de décès de Jean-Baptiste Bogé, le 21 octobre 1859 à Paris rue Lacépède (c'est aujourd'hui dans le 5ème arrondissement), né à Rozoy, boucher, âgé de 49 ans, demeurant 38 rue des Amandiers à Charonne veuf de Anne Desnoyers.

Jacqueline me signale aussi un mariage Bogé Jean Baptiste /Denoyelle Anne Victoire le 2 avril 1840 ainsi que le décès d'Anne Victoire Denoyelle le 6 mai 1847.

Vérification sur les microfilms :

Jean-Baptiste, marchand boucher, demeurant rue Saint Denis , épouse Anne Victoire Denoyelle demeurant 42 rue Greneta.

Le 6 mai 1847, Anne Victoire âgée de 27 ans et 10 mois décède à leur domicile 14 rue du Cimetière St Nicolas (actuelle rue Chapon).

Restent deux enfants à trouver ! Dans l'état civil reconstitué je sélectionne 4 enfants nés entre 1842 et 1847 dans différents arrondissements de Paris.

Leur premier enfant Célina Marie Louise naît le 26 avril 1844 et le deuxième, Ernest Jean Anatole, naît le 24 avril 1847.

Que sont-ils devenus après le décès de leur mère ?

J'ai exploré les listes d'enfants assistés, trouvés, moralement abandonnés, en dépôt, secourus et pupilles de l'Assistance, sans succès.

Voilà, les recherches sont terminées. J'ai découvert un épisode de l'Histoire de France que je ne connaissais pas beaucoup.

La prochaine enquête nous mènera en Avignon à l'époque napoléonienne.

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