Eugène Bogé au coeur de la semaine sanglante

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Eugène Valentin Bogé est né le 24 août 1850 dans le petit village de Rozoy sur Serre dans l’Aisne.

C’est le fils de Victor Isaïs Bogé, bourrelier et de Marie Madeleine Isménie Colombé, couturière.

Eugène a déjà un frère, Arture, né en 1844.

La famille vient s’installer à Paris vers 1865. Le frère de Victor, Jean-Baptiste, l’insurgé de 1848 (voir article précédent), y était décédé en 1859.

Victor et Arture sont alors journaliers, Eugène garçon de magasin. Ils habitent 102 rue d’Aboukir.

En 1870 Eugène aurait dû faire son service militaire mais son nom n’apparaît pas dans les registres matricules de Paris ni de Laon, commune dont dépend son lieu de naissance.

Sans doute a-t-il était réformé à cause de sa petite taille.

En juillet 1870 Napoléon III entreprend une guerre contre la Prusse le conduisant à la défaite. En septembre l’Empire est renversé.

Paris est assiégé par les Prussiens, une grave famine s’installe.

L’histoire de la Commune ne peut pas se résumer en quelques lignes. Je vais juste donner certains points de repères et aller aux évènements auxquels a participé Eugène.

En février 1871, Adolphe Thiers est nommé Chef du Pouvoir Exécutif.

Le 29 janvier 1870, Paris capitule, l’armistice est proclamé.

Le 1er mars les Prussiens défilent sur les Champs Elysées.

Le 17 mars, Thiers ordonne l’enlèvement des canons entreposés à Montmartre. Or ces canons ont été payés par souscription par les Parisiens qui veulent les garder.

Le peuple s’oppose à la troupe qui refuse d’ouvrir le feu sur les Parisiens puis fraternise avec elle.

Mais, deux généraux qui ont déjà participé à la répression de 1848 sont fusillés. C’est le début de l’insurrection contre le gouvernement.

Paris se dote alors d’une administration municipale proche de l’autogestion.

Le 28 mars la Commune de Paris est proclamée.

Le 10 mai le gouvernement Thiers réfugié à Versailles signe la Paix franco-allemande à Francfort qui fait perdre à la France l’Alsace et une partie de la Lorraine. Elle doit en outre verser 5 milliards de francs d’indemnités.

Les troupes versaillaises de Thiers reprennent le fort d’Issy puis de Vanves.

Le 21 mai, grâce à la trahison d’un fédéré, 70 000 Versaillais entrent par le bastion de la Porte de Saint-Cloud et se répandent dans Paris.

Combats, massacres et exécutions sommaires vont commencer, c’est la semaine sanglante.

L’Hôtel de Ville, le Palais des Tuileries, la préfecture de Police et d’autres palais nationaux sont incendiés par les Communards et les bombardements incessants des troupes françaises et prussiennes.

Le 28, de nombreux Communards sont exécutés au cimetière du Père Lachaise au pied du mur appelé depuis le Mur des Fédérés.

Le 29 mai, le fort de Vincennes se rend : c’est la fin de la Commune.

Bilan : 130 000 Versaillais contre environ 40 000 Communards.

877 tués et 6500 blessés parmi les Versaillais. Dans le camp des Communards et les Parisiens : 20 000 à 30 000 tués au combat, 10 000 fusillés, 4522 prisonniers, 4500 déportés au bagne de Nouvelle-Calédonie parmi lesquels Louise Michel.

Eugène Bogé se trouvait à combattre aux côtés des Communards. Il s’est enrôlé dans la Garde Nationale.

A suivre….

Eugène Bogé au coeur de la semaine sanglante
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