Des Templiers à la Révolution (5)

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En tapant un peu au hasard sur un moteur de recherche, je vois apparaître le nom Jolly de Brézillon sur le site d’un magazine régional de l’Argonne. Il y a un article « Trente-six Argonnais victimes de la Révolution » . Antoine y est mentionné et on y donne même la côte du document contenant les procès aux Archives Nationales. Trop de chance !

Aux Archives Nationales, à Pierrefitte sur Seine, se trouve le dossier « Tribunaux révolutionnaires et Haute Cour du XIXème siècle ».

Après avoir franchi les barrières de sécurité, on me remet le carton que j’avais réservé en ligne. (Heureusement j’avais déjà une carte de lecteur). Qu’allais-je trouver, le compte-rendu d’un vrai procès ou un bordereau assez laconique ?

Alors là…incroyable : tout le procès, 45 pages ! Je m’empresse de tout photographier car tout lire sur place serait trop long. L’écriture n’est pas toujours compréhensible et la plume d’oie provoque quelques taches.

Antoine a été dénoncé par Honoré Blanchet, vigneron à La Chapelle-Egalité, qui l’aurait entendu dire chez le perruquier que « si on l’envoyait en Vendée il emmènerait sa femme et ses enfants et pourrait passer avec les émigrés, ajoutant même qu’il voudrait que le dernier des tonnerres écrasât la Convention et que si on guillotinait la Reine, la France était perdue ».

Plusieurs témoins ont affirmé qu’ils avaient entendu dire qu’Antoine Brézillon avait tenu ces propos.

A l’issu de ces interrogatoires, il a été demandé à Antoine Brézillon s’il avait tenu des propos contraires à l’intérêt de la République.

Celui-ci répondit « qu’il aimait trop sa patrie pour cela et qu’il est persuadé que la dénonciation et les déclarations des témoins sont l’ouvrage de la vengeance et de la récrimination, que sans connaître les dénonciateurs ni les témoins on ne peut attribuer ces dénonciations et déclarations qu’aux circonstances qui l’ont mis dans le cas d’exécuter des ordres de rigueur contre différents particuliers qui s’étaient rendus coupables par des infractions à la loi ».

A la suite de quoi :

« vu la dénonciation du citoyen Blanchet, cultivateur en la commune de la Chapelle l’Egalité, contre le citoyen Brézillon brigadier de la Gendarmerie Nationale à la résidence du-dit lieu en date du 4 germinal.

Vu encore l’information faite par le comité de la Chapelle l’Egalité en conséquence de la dite dénonciation le 5 Germinal

Vu enfin les réponses du dit Brézillon aux questions à lui faites par le Comité le 14 du dit mois de Germinal ensemble la nouvelle information faite par le Comité le 15 du même mois.

Ouï l’agent National

L’administration arrête qu’en conformité de l’article 5 de la loy du 18 nivôse dernier, copie des pièces ci-dessus relatées seront envoyées sur le champ à l’accusateur public près le Tribunal Révolutionnaire.

Arrête en outre que le Comité de surveillance de la Chapelle l’Egalité sera tenu de faire conduire de Brigade en Brigade audit tribunal révolutionnaire le dit citoyen Brézillon.

Charge l’agent National de faire notifier le présent arrêté et d’en surveiller l’exécution. »

Antoine est conduit à Paris et emprisonné à la Conciergerie. L’accusateur public du tribunal révolutionnaire, Fouquier-Tinville le condamnera à mort.

Antoine Fouquier-Tinville fut lui-même guillotiné le 5 mai 1795.

En interrogeant Généanet, j’ai retrouvé quelques détails sur Antoine, il avait épousé Geneviève de Sept Sous. Je n’ai trouvé que 3 enfants.

Il a encore actuellement des descendants.

Ainsi s’achève provisoirement la saga familiale. J’ai encore quelques personnages intéressants à vous présenter mais les recherches s’avèrent assez difficiles. Vous savez maintenant que je suis tenace. J’espère donc continuer à écrire très bientôt.

En attendant, si vous avez des nouvelles de mon arrière-grand-mère Marie Michaud….(voir premier article du blog)

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