HISTOIRE DE LA TOUR DE FARGUES

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La Tour de Fargues est située dans la partie sud-ouest de la commune sur une éminence de trois petits vallons. La position était forte et presque défendable.

Le château qui y fut élevé parait avoir été composé d’une tour carrée qui existe encore et de quelques constructions peu importantes qui ont disparu. Il était entouré de fossés aujourd’hui comblés mais dont le souvenir se conserve encore.

La Tour de Fargues doit remonter au XIVè siècle et soutint probablement quelques sièges pendant les guerres du XVè siècle.

Au XIVè siècle, elle formait une dépendance de la seigneurie de Cambes et au commencement du XVIIè siècle, noble Guionne, dame de Cambes se qualifiait de « Dame de la Tour, maison noble de Fargues ».

C’était là où se tenait son notaire et les exports de cette dame qui vont de 1624 à 1642 ont été faites à la Tour de Fargues. (ce titre qui est conservé à l’Hôtel des Archives est d’une belle écriture et se compose de 202 feuilles en beau parchemin)

Après la mort de Guionne, la Tour de Fargues appartint à messire Antoine Jambert de Babrault et suivit la destinée des châteaux de Babrault et de Cambes.

Elle passa dans la famille des Durfort, marquis de Civrac et, le 23 juillet 1664, Jacques Durfort, marquis de Civrac rendit hommage au roi pour les châteaux de Babrault et la Tour de Fargues.

En 1750, on les retrouve dans les mêmes mains. Pierre-Henri Duprule se qualifiait seigneur de Cambes et de Babrault et sieur de la Tour de Fargues.

Vingt cinq ans après, elle appartenait à Gabriel Jean Baptiste de Balhode écuyer qui, dans l’hommage qu’il rendit au roi le 8 février 1775 se qualifiait « seigneur de la Tour de Fargues et de la maison noble de Pastoret en Blayais »

(dans le domaine de la Tour il y avait une chapelle dédiée à Ste Anne et qui n’existe plus)

Au XIXè siècle, la Tour de Fargues était la propriété de Lynch, parent de l’ancien maire de Bordeaux. C’est ce propriétaire qui change de face la vieille maison.

Il fit abattre les parties supérieures de la tour carrée et l’englobe dans des constructions modernes qui forment une vaste villa à peu près carrée, d’une grande élégance, d’une blancheur éclatante et surmontée d’une couverture en ardoises.

Il fit combler les fossés qui existaient dans la partie sud.

Madame de Lynch, mère du propriétaire mourut en 1830 à Bordeaux et, comme elle était protestante, son fils lui éleva un tombeau dans une garenne qui avoisine le château. Ce mausolée solitaire se voit encore sous les grands arbres et sa présence inspire au touriste un sentiment de tristesse et de respect.

M. de Lynch y établit une magnanerie pour laquelle il fut fait de grandes plantations de mûriers qui ont été arrachés et remplacés par des prairies et des vignes.

Cet essai comme tant d’autres de ce genre tentés dans la Gironde ne réussit pas.

M. de Lynch ayant fait de mauvaises affaires fut exproprié et le château de la Tour de Fargues vendu en 1843 à la barre du tribunal.

Acheté par M. Ducros, il l’habita avec sa famille et y fit de grandes restaurations. Devant la villa, il forma un parterre, ferma la cour par une grille et un portail en fer, fit construire deux belles rangées de servitudes surmontées de pavillons qui donnent de loin à la Tour l’aspect d’un château.

Au pied de la villa aux quatre façades blanches se déroulent des prairies plantées de conifères d’un bel effet et plus loin s’étend une propriété très vaste où il se récolte de 60 à 80 tonneaux de vin rouge et blanc qui est considéré comme le 1ier cru de Fargues.

Ce texte a été écrit par mon arrière-grand-père François-Edouard LABAU dont la soeur Anna et son mari Adrien DARRICARRERE achetèrent cette propriété vers 1899

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