Eugène Bogé au coeur de la semaine sanglante-2
Paris s’est rapidement couvert de barricades.
Eugène se trouve sur celle de la rue Croix des Petits Champs lorsque les Versaillais donnent l’assaut. C’est la débandade. "On résiste mais en fuyant" relate un des insurgés.
Eugène court le long de la rue . Il est tout près de l'atelier de Joséphine. Si seulement il pouvait s'y cacher ! C'est alors qu'il sent une main ferme l’attirant dans l'immeuble : il se retrouve dans l'atelier de perruquerie .
Là, il retrouve Joséphine qui le cache sous sa longue jupe. Le voilà sauvé du massacre.
Le 26 avril 1873, Eugène épousera Joséphine, fleuriste en cheveux.
Etrange coïncidence, la soeur de Joséphine, Marguerite, avait épousé un gardien de la paix, décédé à l'hôpital militaire de Versailles en 1871, peut-être à la suite des émeutes.
Joséphine Grimon est née le 22 février 1854 à Paris où elle vit avec ses parents Jean Nicolas, cordonnier et Marguerite Bonnejoy, venus tous deux de Lorraine vers 1837. Elle a trois sœurs et deux frères.
Ils habitent 6 rue de Damiette dans quartier du Sentier.
Après leur mariage, Joséphine et Eugène iront s’installer à Rozoy sur Serre où ils auront 5 enfants : Paul qui sera cordonnier à Reims, Léocadie qui partira vivre à Laon avec son mari, Jeanne qui habitera Montgeron dans l’Essonne et Marthe et Eugénie, toutes deux couturières à Paris qui épouseront Alphonse Jard (voir le premier article).
Joséphine et Eugène adopteront aussi un petit Marcel, qui leur avait été confié et qui sera artiste peintre sous le nom de Marcel Combot.
Eugène sera facteur rural, grand amateur de la « petite gnole » offerte par les fermiers pour le réchauffer lors de ses tournées dans la neige, ce qui poussait Joséphine à aller le rechercher avec une lanterne, le soir, dans la campagne.
L’histoire du grand-père caché sous les jupes de la grand-mère a fait le tour de la famille pendant longtemps !
Ils étaient mes arrière-grands-parents.

