Du village de Moisenay au bagne de l’île Nou
1ier épisode
Toujours à la recherche de l’origine francilienne de ma famille Jolly de Brézillon, je vous conte aujourd’hui la vie d’Amand Julien Brézillon de 1845 à 1907. Je ne l’ai pas rattaché à ma généalogie mais son histoire n’est pas sans intérêt.
Amand, oui c’est bien Amand, est né le 1ier juin 1845 à Moisenay, petite commune de Seine et Marne d’environ 700 habitants à l’époque, traversée par la rivière Almont et 2 petits rus. Le château de Vaux le Vicomte est tout proche.
Son père, Jacques Paulin est charron. A la naissance d’Amand, il a 34 ans. Sa mère, Madeleine Geneviève Bonvalet en a 27. Ils ont déjà une fille et deux fils. Après Amand, naîtront deux autres filles.
Il semble que Julien soit le prénom usuel.
Julien quitte son village pour Paris. Il est charretier et habite 9 rue Pichouin. Cette rue doit être la rue Stéphen-Pichon dans le 13è arrondissement.
Appartenant à la classe 1865, il est incorporé au 73è régiment de ligne.
Son registre matricule le décrit blond, yeux châtain clair, nez gros, bouche grande, teint bronzé, 1m56.
Au commencement de la guerre franco-prussienne, il rejoint le 120è régiment qui se trouve rattaché au 1ier corps d’armée de Paris, le 5 décembre 1870.
Le 19 janvier 1871, les troupes françaises assiégées dans Paris, conduites par le général Trochu ( gouverneur militaire de Paris et président du gouvernement provisoire, après la capitulation de Napoléon III et la proclamation de la République) tentent une sortie en direction de Versailles.
Elles se composent de trois colonnes. La première colonne, à laquelle appartient Julien, sous les ordres du général Vinoy, devait enlever la redoute de Montretout sur les hauteurs de Saint-Cloud.
Le combat fut long et vif dès 6 heures du matin. La redoute fut prise puis perdue puis reconquise. La nuit venue, les troupes françaises durent se replier sur les hauteurs.
A 7 heures du soir, le général Trochu ordonna la retraite des trois colonnes, ce qui se fit dans le plus grand désordre. Les pertes furent importantes. C’est à ce moment-là que Julien, alors caporal, fut blessé au bras droit. Son comportement et cette blessure lui valurent de recevoir la médaille militaire le 7 février.
Le 120è RI était basé à la caserne Prince-Eugène, place du Château d’eau (actuelle place de la République).
Le 29 janvier 1871 sera signé l’armistice. Les parisiens affamés par plusieurs mois de siège ne supportent pas cette capitulation.
Le 10 mars, l’Assemblée Nationale composée d’une majorité de monarchistes se replie à Versailles.
L’insurrection du peuple de Paris commence alors, avec la tentative de Thiers de reprendre les canons entreposés à Montmartre et à Belleville. Débute alors « la Commune de Paris ».
Le 18 mars, les Parisiens, pour la plus part des ouvriers, des artisans, des journalistes, se soulèvent contre le gouvernement d’Adolphe Thiers.
Les troupes régulières de Thiers surnommées « les Versaillais » lancent l’offensive contre la garde nationale de la Commune.
A suivre....
Sources :
- archives départementales 77
- Service Historique de la Défense, Château de Vincennes
- Gallica