VIVRE A PARIS AU XIXème SIECLE : La famille GRIMON 6/6
VIVRE A PARIS AU XIXème SIECLE :
La famille GRIMON 6/6
En 1868, Eugène Bogé quitte son village de l’Aisne pour rejoindre son frère Arthur à Paris. Il trouve un emploi de garçon de magasin et loge rue des Cascades dans le 20ème arrondissement.
1870 était l’année de son service militaire mais sa petite taille d’1m40 le fera réformer. C’est avec le peuple de Paris qu’il prendra part aux évènements de la Commune en 1871. Durant la semaine sanglante, près d’une barricade, poursuivi par les Versaillais, il ne devra son salut qu’à une main charitable qui le fera entrer prestement dans un atelier de passementerie où il sera caché sous l’établi d’une ouvrière (la légende familiale dit « sous les jupes d’une ouvrière »).
Cette ouvrière était Joséphine Grimon. Eugène travaillera comme passementier dans l’atelier et le 26 avril 1873, Joséphine et Eugène se marieront avant de partir pour le village d’Eugène, Rozoy-sur-Serre, où ils auront six enfants, deux garçons et quatre filles. Ils deviendront alors mes arrière-grands-parents.
Alphonse Charles Grimon devancera l’appel en 1870. Il s’engage pour trois ans le 26 juillet 1870. Incorporé au 44ème Régiment de ligne, il participe à la défense de Paris.
Il se réengage pour 3 ans en août 1872. Entré dans la réserve, il déménage pour Les Mureaux où il épousera Geneviève Mabille. Ils auront 8 enfants.
Marguerite Rose devient veuve une nouvelle fois : Pierre Legendre, gardien de la paix, meurt le 20 avril 1871 à l’hôpital militaire de Versailles où étaient acheminés les blessés. Elle épousera en 1898 François Désormeaux qui l’emmènera à Louviers.
En 1872, les premiers convois de déportés de la Commune quittent Rochefort pour les bagnes de Nouvelle-Calédonie.
Mac-Mahon est élu Président de la République.
Jean-Baptiste, que l’on appelle Eugène, vit toujours à Montmartre, près du maquis, rue de la Fontenelle (actuelle rue du Chevalier de la Barre). C’est en 1896 qu’il épousera Jeanne Barbier, marchande de marée, avec qui il travaillera aux Mureaux, à Meulan, à Lagny. Ils se retireront à Villeneuve-Saint-Georges.
Marie Catherine, veuve de Louis Ponce, est installée rue Volta où elle est toujours couturière. En 1873, elle épousera un bottier, Adolphe Boisnouvel. Ils partiront aussi à Louviers.
Marguerite Virginie, veuve de Georges Vachal, ouvrière en parapluies, place de la Rotonde du Temple, épousera en 1873 aussi Auguste Martin, chapelier. Union très brève, Auguste meurt en 1876. Charles Ledru, sculpteur modeleur sera son nouvel époux jusqu’en 1887. Veuve à nouveau, elle s’installe près de son frère Alphonse Charles aux Mureaux où elle rencontrera son quatrième mari Ernest Marchand, représentant en mercerie, de 18 ans son cadet. Encore veuve en 1889, elle deviendra mercière foraine.
En 1874, la première exposition des Impressionnistes fait scandale.
Victor Hugo écrit « L’année terrible ».
En 1875, la représentation de Carmen de Georges Bizet déclenche une nouvelle polémique.
C’est cette année-là que « l’ancêtre » Jean Nicolas s’éteint le 27 mai, à son nouveau domicile, rue Princesse, près de l’église Saint-Sulpice où il exerçait toujours sa profession de cordonnier. Il avait 69 ans. Il sera inhumé au cimetière parisien d’Ivry, dans le carré des concessions provisoires gratuites.
Son épouse Marguerite Bonnejoy finira ses jours aux Mureaux chez son fils en 1889.
C’est le défilé des Présidents de la Troisième République : Mac-Mahon, Jules Grévy, Sadi-Carnot, Casimir Perrier, Félix Faure, Emile Loubet….
Heureusement, naissent de nouveaux espoirs. En 1879, Pasteur découvre le principe du vaccin, en 1880 les Communards sont amnistiés et rentrent en France, en 1882 la scolarité est obligatoire pour les enfants de 6 è 13 ans et l’allemand Koch découvre le bacille de la tuberculose qui a fait tant de ravages.
En 1884, une loi rétablit le divorce, en 1885 l’utilisation de la bicyclette se développe.
1891 Monet peint « Les nymphéas ».
Le 14 avril 1900 s’ouvre l’Exposition Universelle.
Nous allons entrer dans le XXème siècle.
La vie n’a pas été facile, marquée par la pauvreté, les deuils et la guerre. Seuls, Eugène et Joséphine auront une existence un peu plus souriante et une importante descendance.
