JEANNETTE
Paul Bogé est né à Rozoy sur Serre, dans l’Aisne en 1874. Cordonnier de son métier, il s’installe à Reims, rue Gambetta, où il rencontre Antoinette Maurice qu’il épouse en 1897.
C’est rue du Barbâtre qu’ils choisissent de résider, au numéro 215.
En 1898 naît leur première fille, Henriette. Puis en 1909, c’est Jeanne, que l’on appellera Jeannette.
La famille revient souvent à Rozoy, chez les grands-parents où les deux fillettes retrouvent leurs cousines Léocadie, Germaine, Madeleine, Antoinette, Yvonne, Raymonde et leur cousin Marcel.
C’est la campagne. Ils font de longues promenades dans les champs. Les plus jeunes jouent dans le jardin avec leurs poupées ou aident leur grand-mère à nettoyer le potager et le grand-père à nourrir les lapins.
Jeannette a une passion : la peinture. Elle pose son chevalet dans une ruelle derrière l’église et passe de longues heures à essayer de transcrire sur la toile ce petit coin de paradis.
Quelque fois c’est au bord de la Serre qu’elle s’installe, attendant les péniches tirées par un cheval ou guettant le retour des troupeaux à la fin du jour.
Lorsque le temps ne lui permet pas de sortir, elle décore des carrés de soie avec des figures géométriques pour en faire des pochettes qu’elle offrira aux hommes de la famille.
Quelques roses cueillies au jardin feront un charmant bouquet.
Jeannette travaille comme employée de banque à la Société Générale de Reims. Elle a rencontré un bel aviateur, Robert Lachaux et ils évoquent déjà leur mariage.
La peinture est un peu délaissée pour broder le trousseau. Les chemises, habilement décorées au point Richelieu s’ornent de son monogramme JB.
Après leurs fiançailles, les jeunes gens font des projets, l’avenir leur appartient….
Mais à quelques semaines du mariage, une maladie emporte Jeannette, la typhoïde peut-être. Elle avait 23 ans. Une assistance nombreuse l’accompagnera au cimetière. Ses camarades de travail étaient représentés par une délégation ainsi que la société des cordonniers et bottiers. Egalement la 12è escadre de bombardement de Reims à laquelle est affecté le fiancé. On pouvait également remarquer des conseillers municipaux, les directeurs et sous-directeurs de la Société Générale, Monsieur Paul Marchandeau le député-maire de Reims, des membres du conseil d’administration de l’Eclaireur de l’Est et du bureau de bienfaisance.
Après le service religieux célébré en l’église Saint-Rémi, le cortège se dirigea vers le cimetière du Sud où eut lieu l’inhumation.




