Un décès bien mystérieux (et qui le restera)

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Un décès bien mystérieux (et qui le restera)
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Ernest Georges Lerda voit le jour le 3 juillet 1894 à l’hôpital Saint-Louis à Paris, dans le Xème arrondissement.

Il est inscrit à l’état civil sous le nom de Bogé, le patronyme de sa mère.

Louise Bogé est passementière et vit 9 rue de Belleville. Elle a déjà un fils, Lucien né en 1893. Une fille prénommée Georgette naîtra en 1895.

Ce n’est que le 12 octobre 1896 que le père, Jean LERDA*, reconnait ses trois enfants à la mairie du XXème arrondissement.

Jean Lerda, artiste lyrique, un peu fantasque, écrit des chansons dans le goût de l’époque, légères et amusantes, le genre « comique troupier ». Il joue dans des pièces de théâtre de boulevard, à Paris et dans les lieux de villégiature à la mode.

Puis Louise et Jean se séparent car le  22 octobre 1901 Louise reconnait officiellement ses enfants à l’état civil. Elle se mariera en 1907 avec Léon Vidal.

Ernest est maçon lorsqu’il passe au conseil de révision. Il vit alors 37 rue de Paris à Charenton chez sa mère. Enregistré en 1914 au 4ème bureau de Paris sous le matricule 5208 il est décrit ainsi : cheveux châtain clair, front large vertical, yeux gris, nez petit rectiligne, 1m52. Son degré d’instruction est de 3 c'est-à-dire qu’il sait lire, écrire, compter.

Mais la commission spéciale de Vincennes du 26 juin 1914 ajourne à un an son incorporation, pour faiblesse.

Malheureusement, Jean décède le 6 mars 1915 à l’hôpital de la Pitié. Admis la veille sans que le motif n’en soit connu, sa mort demeure un mystère puisque la cause du décès n’est pas mentionnée sur le registre, où il est indiqué : « opposition judiciaire ».

La justice s’est donc opposée à l’autopsie par les services de l’hôpital.  Qu’elle en est la raison ? Mort suspecte ? Seuls les registres de la Morgue conservés aux archives de la Préfecture de Police au Pré-Saint-Gervais sont susceptibles de m’apporter une réponse car il n'est inhumé que cinq jours plus tard. Malheureusement je n'ai rien trouvé.

Sur son acte de décès il est inscrit « maréchal-ferrant » ce qui paraît curieux pour un individu faisant preuve de faiblesse !

Les pompes funèbres le transporteront de la Pitié au cimetière parisien d’Ivry sur Seine dans la 43ème division le 11 mai. Il bénéficiera d’un enterrement de 8ème classe. Sa tombe provisoire n’existe plus.

Alors, pourquoi l'avoir conservé dans la "chambre froide" de l'hôpital ? Celà reste un mystère.

* voir l'article : Cafés-concerts et comiques troupiers

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