Qui était mon ancêtre n°100 ?
Qui était mon ancêtre n°100 ?
En généalogie il y a une méthode de numérotation des personnes qui permet de s’y retrouver. C’est la numérotation SOSA- Stradonitz. Ainsi les femmes ont un numéro impair et les hommes un numéro pair, numéro qui double à chaque génération ascendante.
Entre Alpilles et Durance s’étend le petit village d’Eyragues. Dans le département des Bouches du Rhône où souffle le Mistral. Tout près d’Avignon, il faisait partie de l’ancien comté de Provence.
Là vivait, il y a plus de deux siècles, mon ancêtre n° 100 Joseph Mollard. Sept générations nous séparent.
Né le 19 mars 1756, Joseph Mollard est le fils d’un berger, Claude et de Jeanne Marie Violant. Il est le cadet de 12 enfants, sept filles et quatre garçons.
Le nom de Mollard n’est pas très engageant, je ne pense pas qu’il ait eu, à cette époque, le sens qu’on lui donne aujourd’hui. Patronyme se concentrant surtout de la Bresse aux Bouches du Rhône, il désigne un lieu-dit un peu élevé, une colline et par déduction celui qui en est originaire.
L’ancêtre le plus ancien que j’ai retrouvé dans cette lignée était Claude Mollard dit Mollardon né en 1550.
La famille de Joseph travaille la terre et élève quelques volailles en plus du troupeau de moutons. On ne va pas à l’école, d’ailleurs il n’y en a pas à Eyragues.
Pas de conscription non plus. Le recrutement des troupes repose sur le volontariat sauf pour les gradés qui sont des professionnels souvent issus de "bonnes familles". Des mercenaires aussi sont enrôlés.
Ce n’est qu’en cas d’urgence que les agents recruteurs sillonnent les campagnes pour embrigader bien des jeunes garçons, souvent contre leur volonté.
En 1779, Joseph se marie avec Marguerite Clerc, originaire de Maillane, commune voisine. Il a 23 ans, Marguerite 17. Ils ne savent ni lire ni écrire et ne peuvent donc pas signer le registre paroissial.
Sur l’acte de mariage, Joseph est qualifié de « ménager », c’est un cultivateur, petit propriétaire indépendant qui produit et vend le fruit de ses récoltes.
Ils auront sept enfants. Marguerite est nourrice. Elle élève et nourrit les bébés des dames de la ville.
Les distractions sont rares. Seule l’arrivée des colporteurs vendant des petits accessoires de couture, des foulards, mouchoirs et quelques ustensiles apporte histoires et nouvelles.
Tous les ans, du 30 novembre au 1ier décembre, Joseph se rend à la foire de la Saint-André à Avignon. On y trouve surtout du cuir et des chevaux. Mais c’est l’occasion de rencontrer d’éventuels acheteurs pour la laine de ses moutons.
1789 ne perturbera pas leur vie monotone si ce n’est l’arrivée de leur dernier enfant Denis.
C’est à la naissance des trois filles de Denis que le patronyme deviendra Moulard. Mauvaise orthographe, mauvaise diction…
Marguerite décèdera la première en 1829 et Joseph la suivra dix ans plus tard, sans qu’ils aient quitté leur village.