Souvenir pieux

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Souvenir pieux
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Souvenir pieux

J’ai découvert ce terme grâce au livre de Marguerite Yourcenar dont il est le titre « Souvenirs pieux », Un souvenir pieux est défini dans le dictionnaire comme une « image mortuaire destinée à perpétuer le souvenir d’un défunt ». Dans les archives familiales se trouvait le souvenir pieux de la grand-tante de mon mari, Maria Herbin, née Telliez.

C’est dans le département du Nord que nous allons nous transporter, plus précisément dans le Cambrésis, région malmenée depuis toujours, en cause les rivalités entre les ducs de Bourgogne, les Français, les Espagnols, les Cosaques auxquelles s’ajoutent les guerres de religion, la peste, la famine, la lèpre…ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que la région connait un peu de répit.

Nous allons commencer le récit par la fin puisque sur ce petit carton est indiqué le décès de Maria, le 5 février 1905 dans sa 32ème année.

Une bien jeune femme mais rien ne nous indique la cause du décès dans les papiers de famille. Souvent, c’était à la suite d’un accouchement difficile que les femmes mourraient mais ici, il n’en est rien. Son troisième enfant est né en 1902. Alors, accident ou maladie… ?

Elle décède à Sin-le-noble où elle vivait en famille.

Lorsqu’elle rencontre Ludovic Herbin, elle est femme de chambre à Cambrai. Ils vont s'y marier. Un contrat de mariage a été établi chez Me Chenu.  Ils ont vingt cinq ans.

Fille de Jean-Baptiste Telliez et de Marie Josèphe Defossez, Maria est née le 5 mars 1873 à Saint-Vaast-en-Cambrésis, petite bourgade d’environ 1800 habitants.

Ses parents, comme quatre vingt pour cent de la population sont tisseurs à main. Ils ont chez eux un métier et fabriquent des étoffes de laine vendues à des marchands-négociants.

Le tissage est l’activité principale de la région. En 1801 on comptait jusqu’à 300 métiers dans le village.

Ces tisseurs souvent très pauvres ajoutaient à leur activité le binage et l’arrachage des betteraves en Belgique. D’autres passaient du tabac en contrebande.

Le tissage de la laine sera peu à peu remplacé par le tissage du fil, mieux rémunéré, mais la plupart des hommes préfèreront devenir ouvriers d’usine aux forges de Denain.

Ludovic Herbin est né dans la commune voisine d’Avesnes lès Aubert en 1872, d’un père tisseur et d’une mère fileuse. Je lui ai trouvé un lointain cousinage avec le peintre Auguste Herbin.

Il est clerc-laïc à Estournel. Le chant des offices religieux est une de ses fonctions. D’après le règlement du 25 février 1852, les clercs « s’y appliqueront avec le plus grand soin, pour lui donner, autant qu’ils le pourront, cette décence et cette harmonie qui, selon les vues de l’Eglise, doivent exciter la dévotion des fidèles. Leur chant doit être grave et simple, sans précipitation et sans affectation. Ils prononceront distinctement les notes et les paroles, sans omettre et sans substituer aucune arbitrairement. Ils éviteront aussi les tons forcés, trop haut ou trop bas, qui ne pourraient pas être suivis par le plus grand nombre de fidèles ».

 

         Le couple s’installe à Sin-le-Noble où Ludovic devient organiste. Des enfants naissent, Albert en 1899, Jeanne en 1900 et Marie en 1902. Une vie simple et tranquille jusqu’au décès de Maria.

La plupart du temps, le veuf se remariait. Il lui fallait trouver une nouvelle compagne pour s’occuper des jeunes enfants. Cette fois, je n’en ai pas trouvé trace. D’après les recensements de 1906, c’est sa mère et sa sœur Cécile, restée célibataire, qui sont venues s’installer chez lui rue du  presbytère.

La tombe a été retrouvée à Sin-le-Noble par mon amie Jessica. Elle est bien remplie.

 

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