N comme bande Noire

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N comme bande Noire
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Connaissez-vous la Bande Noire ?

Dès les années 1880, les mouvements anarchistes se répandent dans la région lyonnaise et dans la région minière et industrielle de Saône et Loire, Montceau-les-Mines et Le Creusot. En 1882, on entend parler de la Bande Noire, groupe d’ouvriers et mineurs de la région. En rébellion contre l’Eglise et le patronat, ils mènent des actions assez violentes pendant trois ans.

Ils se réunissent dans les bois. Mais dès le mois d'octobre la répression est lancée. Bombes et dynamitages accentuent cette répression policière et de nombreux anarchistes sont arrêtés.

Mais avant de les connaître, j’avais fait une découverte.

En explorant la famille de mon arrière-grand-mère Marie Michaud (dont j'ai parlé dans A comme Aventure) j’apprenais qu’elle avait deux frères, Pierre et Claude.

De Pierre je n’avais qu’une date de naissance, 27 avril 1851 à Toulon-sur-Arroux (Saône et Loire). Déménagement familial à Montcenis vers 1856, puis au Creusot, rue de l’église .

Puis Claude était né le 21 février 1867.

En 1870, François, leur père, est marchand fruitier, leur mère Jeanne Daligand décède à 41 ans.

Pierre a alors 19 ans, Marie 14 ans et Claude 3 ans.

C’est le registre matricule du recensement militaire dans lequel figure Pierre qui m’apporta la première surprise.

Il est boucher, et décrit : cheveux noirs, yeux châtain, 1m61. Jusque là rien d’extraordinaire.

Et vint la surprise : « réformé le 10 janvier 1874….condamné le 13 mars 1883 par la cour d’appel de Lyon…pour affiliation à l’association internationale des travailleurs. »

Un coup d’œil dans « le Maîtron » (dictionnaires biographiques du Mouvement Ouvrier) me permet de retrouver rapidement Pierre Michaud dans le dictionnaire des Anarchistes.

Et me voilà plongée dans la lecture des sites anarchistes : Alternative Libertaire, Rebellyon-info, Dissidences, le dictionnaire international des militants anarchistes, deux mémoires de Maîtrise d’Histoire sur les Anarchistes de Saône et Loire, jusqu’aux interrogatoires d’un procès. Car il y a eu procès.

Pierre Michaud vendait "Droit Social" et "L'Etendard Révolutionnaire" aux ouvriers de l'usine Schneider.

Le 24 octobre, la force publique se présente chez lui avec un mandat d'amener sur lequel on lit : "inculpé de complicité de destruction d'édifices appartenant à autrui, société secrète, complots ayant pour but d'exciter à la guerre civile, menaces de mort sous condition".

Le 8 janvier 1883 débute le procès des 66 accusés, 14 ont pris la fuite. C'est le "Procès des 66"ou "les criminels du Creusot".

Pierre Michaud est condamné à 2 ans de prison, 500 f d’amende, 10 ans de surveillance et 5 ans d’interdiction des droits civiques, civils et familiaux. La cour d’appel de Lyon réduira le 13 mars la prison à 1 an et l’amende à 100 f. A sa sortie de prison, Pierre reprend ses activités avec son frère Claude. Ils sont membres du groupe « Les Persécutés ».

Le 1ier février 1885, Pierre participe à l’animation d’une réunion d’ouvriers sans travail d’environ 120 personnes. Quelques mouchards sont infiltrés dans les bandes par la police.

Vendant avec son père des légumes à la caserne, il y introduit des journaux et fait de la propagande auprès des militaires. Il distribue des numéros de « L’Insurgé » aux ouvriers.

Puis peu à peu, le mouvement s’essouffle. Pierre en reste un des derniers meneurs.

Malade, il meurt le 25 juillet 1887, à 36 ans.

Les ouvriers de Montceau-les-Mines feront alors les frais de la répression féroce de la terrible police patronale.

 

 

 

 

 

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