C comme Communards

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C comme Communards
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La loi du 3 mars 1879 a permis une amnistie partielle des Communards condamnés à la déportation en Nouvelle-Calédonie.

Il a donc fallu penser à leur rapatriement.

Les navires qui les ont emmenés vont donc les ramener.

Les cinq premiers navires accosteront à Port-Vendres, petit port en eaux profondes de Méditerranée.

L’ouverture du Canal de Suez va permettre un voyage plus court.

Le 1ier septembre, Le Var est en vue à 6 milles au large, sous vapeur. Il est 4h40 du matin.

Le Capitaine de douane et le Commissaire spécial de Port-Vendres se portent à sa rencontre pour effectuer un contrôle sanitaire.

Le Var, un 3 mâts de 1900m2 de voilure, doublé d’un puissant moteur est parti dix semaines plus tôt de Nouméa. La traversée s'est déroulée sans incident même s’il faut déplorer un mort, un fourrier d’Infanterie de marine.

Le Préfet a envoyé des consignes strictes : le Capitaine « ne doit laisser monter à bord que les personnes revêtues d’un caractère officiel, ni reporters de journaux, ni curieux, ni parents de déportés ». L'exécution de cette consigne sera effectuée, si besoin, par la force armée.

L’ordre de service est le suivant : Faire transporter, avant tout débarquement, tous les bagages dans la salle de visite de la douane. Les hommes doivent reconnaître leurs bagages, et inscrire à la craie sur chaque colis leur nom, la destination et le nombre de colis leur appartenant.

Triés par destination ( Paris, Lyon, Marseille) les bagages seront chargés sur les wagons.

Chaque déporté recevra une réquisition à échanger à la gare contre un billet. Il sera informé de l'heure du départ du train.

Il sera également alloué à chacun un secours de route de 2f par 24 heures.

Le Var est maintenant à Quai.

Se trouvent là le Secrétaire Général de la Préfecture, le Commissaire spécial de Port-Vendres et Monsieur Escourou, délégué de la Santé Générale venant de Paris. Les déportés ont crié Vive la France.

La population de Port-Vendres et de Collioure, amassée sur le quai a crié Vive la France, Vive la République.

Un seul Vive la Commune aurait été crié par un marin à terre ou par un reporter qui devra en répondre devant la Justice.

On se prépare au débarquement : on appelle chaque déporté pour savoir s’il appartient aux amnistiés simples (382), aux graciés non amnistiés (1), aux bannis ou ayant encore une peine à subir (27).

Les réquisitions sont distribuées. Il y en a autant que de changement de ligne ferroviaire.

368 personnes remontent sur Paris. Leurs adresses ont été relevées.

16 condamnés dont la peine a été commuée mais n'ayant pas la notification de leur grâce seront conduits à la prison de Perpignan.

On décharge plusieurs tonnes de bagages. C’est très long.

Pendant ce temps, tout le monde est descendu en ville. « là ils ont trouvé beaucoup de braves gens qui leur ont offert à boire et beaucoup se sont grisés avec le vin capiteux du pays, on a eu beaucoup de peine à leur faire regagner la gare ».

Un secours local récolté par M. Henri Bélieu, l’ancien maire, est distribué ainsi que des dons en nature, vêtements, pain, vin...

C’est le départ du train à 7h20 du soir aux cris de Vive la République, Vive Port-Vendres.

Le convoi est salué à chaque station par Vive la République.

A Elne, la foule a brisé la barrière de la gare pour se porter sur la voie.

On entend des Vive la Commune auxquels les déportés répondent par Vive la République.

 On remarquera que ces amnistiés, brisés par des années de déportation, n’ont pas revendiqué leur appartenance au mouvement insurrectionnel. Ils se sont fait discrets sur le sujet, du moins jusqu’à leur retour à la vie civile....

 Cinq navires accosteront à Port-Vendes : le Var, le Picardie, la Seudre, la Vire et le Calvados.

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L
Histoire intéressante et très précise... on s'y croirait. Quels sont vos sources ?
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R
les archives départementales des Pyrénées Orientales et la presse ancienne. J'ai un très gros dossier.