F comme Fernando
Le 11 septembre 1869 est le jour de la distribution des prix à l’école communale de Brou, en Eure et Loir.
L’instituteur de la deuxième division, monsieur Bigot, remet le premier prix d’orthographe à Edmond Dupré. Celui-ci reçoit pour récompense un petit livre dont la couverture est joliment décorée d’une gravure en couleurs et de volutes dorées. Un peu abimé mais c'est le genre d'ouvrage que j'aime restaurer. Le titre en est « Fernando histoire d’un jeune espagnol », de Christophe Schmid, traduit de l’allemand par Louis Friedel. La séparation de l’église et de l’état n’a pas encore eu lieu. Cet ouvrage est donc recommandé par la bibliothèque chrétienne, approuvée par le cardinal archevêque de Paris.
Les pages du livre sont un peu raides. Il ne semble pas avoir été lu !
Qui était ce petit Edmond si bon en orthographe et surement excellent élève et qu’est-il devenu ? C’est une recherche que j’aime faire lorsque je trouve ce genre de document.
Marc Edmond Dupré est né le 16 novembre 1862 à Brou. Ses parents, Marc Alexandre Mathieu Dupré et Marie Victoire Joséphine Ricois sont marchands de nouveautés sur la place de la Halle.
Après l’école communale, Edmond poursuit ses études au collège de Châteaudun, rue du Cour, où il est pensionnaire. Il obtient le baccalauréat en 1881.
1882. C’est l’époque du recrutement militaire à Chartres. Il est incorporé sous le numéro matricule 183.
Alors étudiant en médecine, il bénéficie d’un sursis de départ d’un an. Cheveux châtains, yeux gris, taille d’1m59, tel qu'il est décrit sur le registre, il intègre la 22ème section d’infirmiers puis devient médecin auxiliaire.
En 1887 il est interne des hôpitaux de Paris, premier de sa promotion, il habite au 24 rue du Cherche-Midi.
Puis, il s’installe à Laval, médecin à l’hôpital Saint Julien et à l’hôpital des enfants du premier âge.
Le 31 décembre 1892, il épouse, à Paris, Henriette Meyer, née en 1875, fille de Moïse Meyer et de Caroline Hermann, relieurs, 17 rue Visconti dans le 6ème arrondissement.
Raymond Alexandre naîtra en 1893 et Léon Antoine en 1897 à Laval.
En 1900, Edmond devient également médecin de la prison. Il se lance aussi dans la politique puisqu’il est élu conseiller municipal sous la présidence du maire puis sénateur Victor Boissel.
Médecin des pauvres, il est un militant républicain, laïc et social de nuance radicale.
Il est également administrateur du bureau de Bienfaisance et Président fondateur de l’Université Populaire de Laval.
En 1908, médecin major de deuxième classe, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur.
En 1914, il est volontaire à l’hôpital bénévole de La Loupe puis de Nogent-le-Rotrou.
Il revient à Paris, détaché à l’hôpital de la Salpetrière.
Malheureusement, il contracte, en service, la grippe infectieuse dite « grippe espagnole » et décède à son domicile, 14 rue José Maria de Heredia le 4 février 1919.
Il est déclaré « Mort pour la France ». Il a 56 ans.
Il sera inhumé à Brou.
Une plaque commémorative le cite dans le hall de l’école de médecine René Descartes à Paris.
Quant à l'histoire de Fernando...je ne l'ai pas lue non plus !
Sources : Archives départementales
Le Maîtron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social.
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