I comme Impasse
I comme Impasse de l’Etoile
Dans le Paris du XIVème siècle, sombre et insalubre, bien cachée entre les paroisses de Saint Eustache et Notre Dame de Bonne Nouvelle, existait une petite rue nommée cul-de-sac des Cordiers en raison des cordiers qui devaient l’habiter.
En 1676, une nouvelle rue fut crée, amputant une partie de ce petit cul-de-sac, la rue Thévenot, en hommage à Henri Thévenot, ancien contrôleur des rentes de l’Hôtel de Ville qui y fit construire quelques maisons.
Les 77 mètres qui restaient du cul-de-sac des Cordiers prirent alors le nom d’Impasse de l’Etoile. Ce nom faisait sûrement référence à une enseigne.
En examinant attentivement la photo prise par Charles Marville vers 1865, on aperçoit, sur la gauche, une enseigne qui porte l’inscription HOTEL DE L’ETOILE, l’étoile guide des voyageurs peut-être.
Le 11 mai 1716, le Régent, duc d’Orléans, à travers le Conseil d’Etat, fit paraître cet avis :
- Arrêt du Conseil. « Le Roy ayant esté informé que le cul-de-sac de l’Étoile, au quartier Montorgueil près la Ville-Neuve, servoit de retraite presque toutes les nuits à toutes sortes de gens de mauvaise vie, et qu’il s’y commettoit quantité de désordres au préjudice de la sûreté publique et des bourgeois qui y ont leurs entrées et issues, et qu’il seroit très facile d’y remédier en l’élargissant pour y mettre une porte de fer à son entrée, dont les propriétaires qui y ont des maisons auroient chacun une clef ; à quoy voulant remédier ; le Roy étant en son conseil, de l’avis du duc d’Orléans, régent, a ordonné et ordonne que par les Prévôt des marchands et échevins, il sera donné avis à sa majesté de la commodité ou incommodité de l’élargissement et de la fermeture par une porte de fer du dit cul-de-sac de l’Étoile, proposez par les habitants du quartier Montorgueil ; pour le d. avis être veu et rapporté à sa majesté et être par elle ordonné ce qu’il appartiendra. Fait au Conseil d’État, sa majesté y estant, tenu à Versailles le 11e jour de may 1716. Signé Louis. » (Bureau de la Ville, registre H, no 1846.)
Ce n’était donc pas un quartier bien fréquenté. Derrière l’impasse se trouvait une cour des miracles. Ce genre de cours assez nombreuses à Paris servait de retraites aux mendiants et vagabonds contrefaisant les malades et les estropiés mais parfaitement guéris lorsqu’ils revenaient dans leur repaire d’où le nom de « cour des miracles ».
Mais c’est dans celle-ci que Victor Hugo aurait situé l’action de Notre-Dame de Paris.
Dans cette cour vécut Hébert, le rédacteur du journal Le Père Duchesne , jusqu’à son exécution le 4 germinal an II.
En 1853 arriva le baron Haussmann, préfet de la Seine, sous le règne de Napoléon III.
Il mena la campagne Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie.
Les démolitions commencèrent.
En 1894, la rue Réaumur fut ouverte entre les rues Saint-Denis et d’Aboukir.
Le n°16 de la rue Thévenot fut la première victime des démolisseurs.
A l’emplacement de cette cour se trouve aujourd’hui l’immeuble des 98-100 rue Réaumur qui date de 1930.
L’impasse de l’Etoile disparaîtra. Elle ne comportait que peu de constructions, un seul numéro pair et trois impers.
C’est là que mon ancêtre Nicolas GRIMON habitait, au n°5 où il était cordonnier.
Le 7 février 1897, la rue Réaumur est inaugurée.
Aujourd’hui, on peut encore imaginer la rue Thévenot en se promenant rue des Petits Carreaux, sur la gauche, avant la rue du Nil.
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