J comme Jolly de Brézillon
J comme Jolly de Brézillon
C’est la première famille noble de ma généalogie et je ne m’y attendais pas. Je l’ai découverte dans le petit village ardennais où se passaient les vacances de mon enfance, Boult-aux-Bois. Ignorant totalement leur existence, je ne connaissais que le nom de Brésillon comme celui d’une lointaine cousine que nous allions saluer à notre arrivée.
Au XIIIème siècle, les Templiers s’établissent à Boult, le château du Commandeur domine le village.
Les maisons se bâtissent peu à peu autour de l’église, de la fontaine et du moulin, à l’écart de la Commanderie édifiée au-delà du ruisseau le Barosset.
La peste n’épargne pas Boult-aux-Bois entre 1635 et 1640. Puis la région est pillée et dévastée par la soldatesque des guerres de la Fronde. Il ne reste au village que 16 maisons, la population passant de 400 à moins de 100 habitants.
C’est à ce moment qu’apparaît le premier Jolly de Brézillon. Le prénom est inconnu, il a épousé Marie Perrette Herbaumont. D’où vient-il ? Peut-être de la région parisienne, de Seine et Marne, mais aucune certitude. Les registres paroissiaux antérieurs à 1650 ont disparu. Ce premier couple sera inhumé dans l’église du village, au bas de la nef, ainsi que plusieurs de leurs descendants.
Leur nom est mentionné dans les terriers*. Ils ont deux enfants, Françoise et Claude. Ce dernier est officier dans la Compagnie de fusiliers du Régiment Champagne. Né vers 1643 et décédé en 1703, il est écuyer royal, seigneur de Brésillon.
*le terrier est un registre foncier permettant de définir les redevances de chacun.
C‘est avec lui que commence la lignée des écuyers.
Son fils Anselme né en 1684 est anobli par Louis XIV, à Versailles, le 1ier mai 1709 pour service militaire rendu. Une lettre patente le confirme. Il obtiendra les titres de sieur de Brésillon, d’Artaise et du Vivier et les terres qui s’y rattachent. Un blason aussi, Champagne d’or au lion de gueules accompagné en chef de trois étoiles de même hauteur couronné.
Epousant Claude Le Lorrain en 1717, ils auront 10 enfants. Le titre se transmet à Augustin puis à François, au décès d’Augustin. François est gendarme du Roy en 1753.
On trouve ce testament :
« L’An mil sept cent dix huit le dernier jour de décembre, Messire Anselme de Brézillon, écuyer, seigneur d’ Artaise et du Vivier, François Martin, mari de Mademoiselle Françoise de Brézillon et François Caillet, mari de Mademoiselle Anne Louise de Brézillon, m’ont déclaré que Mademoiselle Nicolle de Montguyon leur mère qui est devenue aveugle par infirmité et sans douleur, a accordé et donné sans force et sans contrainte ni suggestion d’aucune personne à l’Eglise de Boux une moitié de cinq cartiers de prés situé au ban de Germont lieudit le pré des Cannes ; cette moitié de cinq cartiers de prés aux charges et conditions qu’il sera fait un obit* tous les ans en l’Eglise de Boux aux Bois leur paroisse pour Messire Claude Joly sieur et écuyer de Brézillon, leur père… »
*messe anniversaire pour le repos d’un défunt
Hubert, Joseph et Antoine hériteront successivement du titre, étant aussi militaires.
Leur descendance est nombreuse. Dans les actes d'état-civil on voit qu'ils savent tous signer.
La Révolution arrive, quelques particules disparaissent et une tête tombe.
Les branches se séparent et s’éparpillent. Dans la Somme, ils deviennent tisseurs puis maçons et charpentiers. Dans le Cher, employés de chemins de fer. Les Champenois retournent à la terre.
On retrouve sous différentes variantes Jolly de Brézillon, Joly de Brésillon, Brésillon.
Sources :
- Archives départementales des Ardennes
- Archives Nationales de Pierrefitte sur Seine : terrier de 1741
- Trace du passé de Boult-aux-Bois – Robert Cecconello