G comme Guillotiné
G comme Guillotiné
Antoine Joly de Brésillon est le neveu de mon ancêtre Augustin, l’écuyer.
Né en 1754 à Grandpré, dans les Ardennes (les registres de cette époque n’existent plus), il vit avec sa famille à Boult-aux-Bois, petit bourg voisin de 400 habitants.
Ainé de treize enfants, il descend d’une lignée d’écuyers, petits nobles sans fortune installés dans la région depuis le début du XVIIème siècle.
Pourquoi est-il né à Grandpré, à 20 kilomètres de la demeure familiale ? mystère.
Il est cavalier de maréchaussée, en garnison à La Fère, dans l’Aisne, lorsqu’il rencontre Geneviève de Septsous. Ils se marient en 1779 à Danizy.
Au hasard des affectations, ils s’installent à L’Isle sur Serein dans l’Yonne où naissent deux enfants, Antoine et Jean-François, puis à Beaumont en Gâtinais où naît Augustine, puis à Nemours où naissent Augustin et Adélaïde.
Antoine devient alors commandant de la Gendarmerie Nationale de La Chapelle Egalité (aujourd’hui Chapelle la Reine).
Nous sommes en 1793. Epoque troublée.
Le comité de surveillance fait parcourir la commune afin de s’informer des propos tenus par certains depuis la Révolution.
Antoine est accusé par plusieurs témoins d’avoir proféré des propos contre révolutionnaires dans la boutique de son perruquier.
Ayant dit « s’il était forcé d’aller à la frontière, il emmènerait sa femme et ses enfants et qu’il passerait avec les émigrés et qu’il voudrait que le dernier des tonnerres écrase la Convention, qu’il était dommage de faire périr la Reine et que si elle périssait la France serait perdue ».
Lors du jugement du 1ier Prairial an 2, il prétend « qu’il n’a pas tenu de tels propos, il aime trop sa patrie pour cela, que ces dénonciations sont l’ouvrage de la vengeance de particuliers qui s’étaient rendu coupables par des infractions à la loi ».
Le citoyen Brésillon est donc présenté détenu en la maison d’arrêt de Paris, « prévenu d’avoir tenu des propos contre la représentation nationale ».
Alors, coupable ou victime ?
Emprisonné à la Conciergerie, il sera guillotiné place de la Révolution (actuelle place de la Concorde) le 13 prairial an 2.
Inhumés au cimetière de la Madeleine, on a longtemps cru que les restes des 500 guillotinés se trouvaient aux catacombes mais d’après les dernières découvertes, leurs ossements pourraient se trouver sous la Chapelle expiatoire construite à l’emplacement du cimetière.
sources : Archives Nationales