Ne vois-tu rien venir ?
Sur les quais de Port-Vendres se trouvent de grands entrepôts. Ils sont remplis de barriques, de sacs de graines et d’avoine, de fûts d’huile d’olive….
Les deux plus gros négociants de la ville se font concurrence. Les bateaux arrivant d’Algérie chaque semaine les ravitaillent.
Pour témoigner de sa richesse, la famille Santraille a fait construire, rue Jules Ferry, une belle maison entourée de grandes bâtisses dans lesquelles la marchandise est stockée. Un impressionnant escalier de fer forgé décore la façade et deux piliers entourent la grille ouvragée. C’est ce qu’on appelle une maison de maître.
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La famille Parès occupe le plus grand bâtiment du quai. Le rez-de-chaussée sert d’entrepôt, les appartements se trouvent dans les étages. Vers 1870, ces riches négociants décident de construire une imposante maison sur la colline qui domine le port. Bien dégagée, à la vue de tous, elle est entourée d’un jardin. Cette maison, aujourd’hui en ruines, est toujours appelée le « château Parès ».
La famille Santraille, elle, possède un grand terrain à la sortie de la ville, sur une hauteur de la route de Banyuls. Une petite maison leur sert de refuge l’été. L’endroit est agréable, au milieu des pins. Et de cette petite colline la vue sur la mer est imprenable. C’est l’endroit idéal pour voir arriver les bateaux d’Algérie qu’ils attendent impatiemment.
La famille Parès ne veut pas être en reste. Sa colline située de l’autre côté de la route ne permet pas de dominer l’entrée du port. Une tour de briques est donc construite à côté de la maison.
A chacun son belvédère ! Petite rivalité entre commerçants.
La petite maison Santraille, abandonnée depuis longtemps, va bientôt être démolie pour élargir la route nationale. La tour Parès, près de son « château » en ruines domine toujours le port.
Depuis l’indépendance de l’Algérie, les entrepôts sont devenus les restaurants très fréquentés de la ville et la belle maison de la rue Jules Ferry paraît inoccupée.
Fin d’une époque.
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