Une famille landaise 4/7
Mais il est intéressant de s’attarder sur la famille NOGARO.
Au décès de François NOGARO, le 15 avril 1871, trois personnes se partagent l’héritage. Sa veuve, Anne Laporte et ses deux filles, Louise épouse LABAU et Marthe épouse CASTELLAN (encore un boulanger).
L’inventaire après décès est impressionnant. La prisée des meubles et objets contenus dans la maison s’élève à 5 394,95 francs.
Plus tous les biens :
Le 29 avril 1857, une indemnité de 4 000 francs a été versée suite à l’expropriation de diverses parcelles de terre à Mées (17 ares) pour l’exécution du chemin de fer de Bordeaux à Bayonne.
Trois métairies achetées en 1847 à Hinx : Nabaillan, le Treytin et Mentozé plus 7 hectares de terre et la prairie dite du Treytin de Lauga payés 20 000 francs grâce à la vente de la métairie du Bélair.
Deux métairies achetées en 1850, à Saint-Paul-lès-Dax : le Belliot et le Mesonot.
En 1856, quatre parcelles de terre en nature de futaie, marais et landes à Dax pour 1 148 francs.
En 1858, une parcelle de terre de 12 hectares en nature de lande à Saint-Paul-lès-Dax pour 1 400 francs.
En 1860, deux parcelles de lande, aux lieux-dits Lestangue et Peypondat pour 837 francs.
En 1862 une rente sur l’Etat à 7% de 720 francs.
En 1866 une autre rente de 516 francs.
En espèces : 2 000 francs-or et 500 francs en billets de banque.
Voilà un beau patrimoine !
Pourtant, l’agriculture landaise est en retard sur l’agriculture nationale. Les engrais chimiques sont encore peu employés et les premières machines n’apparaîtront qu’au début du XXème siècle.
En outre, les conditions de bail sont insupportables, le système de métayage a maintenu une sorte de féodalité. Le propriétaire prélève la moitié des récoltes. Le métayer prend en charge toutes les réparations des bâtiments, le transport des matières, il effectue des journées de travail gratuites pour le propriétaire, bref, il est taillable et corvéable à merci.
L’Etat a ouvert dans tout le pays des chantiers de terrassements pour donner un peu de travail aux nombreux chômeurs et ainsi les dissuader de se révolter. Mais, dans les Landes, et sûrement ailleurs, le nombre d’ouvriers qui se présentent depuis quelques jours est trop important pour qu’on puisse donner du travail à tout le monde. L’Empereur a donné immédiatement l’autorisation d’augmenter l’importance des chantiers jusqu’à la limite du Gers. Le gouvernement a de plus mis à la disposition des préfets la somme de 50 000 francs à distribuer aux maires des communes les plus nécessiteuses. C’est ainsi que Gamarde reçoit 600 francs, Saint-Geours-d’Auribat 300 francs et Dax 200 francs.
L’élévation du cours des céréales a rendu les acheteurs prudents, ils ne prennent que les quantités indispensables aux besoins les plus pressants de la consommation.
Joseph LABAU et Louise NOGARO ont trois enfants : François Edouard, Anna et Marie Anne Angélique.
La cadette Marie Anne naît le 27 décembre 1874 à Saint-Paul-lès-Dax, au lieu-dit Pontricq. En 1909, elle épouse, à Bordeaux, Henry Duclos, employé de commerce. Le contrat de mariage rédigé par Me Marty établit la séparation de biens. Le futur n’apporte que son vestiaire pour une valeur de 500 francs tandis que la future apporte un bien immobilier estimé 5 000 francs, une somme de 4 500 francs en numéraire et la métairie de Nabaillan sise à Hinx d’une valeur de 20 000 f.
Anna naît le 27 août 1869. En 1898, elle épouse Jean Darricarrère, un négociant en vins bordelais, de seize ans son aîné.
Mon arrière grand-père François Edouard, l’aîné de la fratrie est né le 6 janvier 1865 .
Cette année-là, les travaux du chemin de fer de Bayonne à Irún sont près d’être entièrement terminés. La ligne pourrait ouvrir prochainement.
Cette année est aussi marquée par de nouvelles inondations. Les ruisseaux, rivières et fleuves débordent. L’Adour et le Gave s’étendent au loin dans les campagnes. De nombreuses maisons se retrouvent dans l’eau.
Au décès de son épouse en 1899, Joseph Labau s’est retiré dans la maison Saint Vincent de Paul à Buglose.
Le partage de ses biens a été effectué entre ses enfants en échange d’une rente annuelle et viagère de 925 francs.
- A François Edouard reviennent la métairie de Meysouot à Saint-Paul et la maison dite de Pontricq.
- A Anna épouse Darricarrère, les métairies de Montauzé et du Treytin à Hinx.
- A Marie, encore célibataire à l’époque, la métairie dite de Nabaillan à Hinx.
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