Une famille landaise 6/7

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Une famille landaise 6/7
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L'aîné, de cette génération est François Edouard, né en 1865 à Saint-Paul-lès-Dax.

Après de bonnes études au collège de Saint-Sever jusqu’à quatorze ans, conformément aux instructions du Plan d’Etudes du 2 août 1880, son diplôme en poche, qu’allait-il faire ?

Pour mettre fin aux conflits continuels qu’il entretient avec les métayers, ses parents l’ont sommé de travailler.

Le voilà étudiant pharmacien. Puis, à la suite de dissensions familiales, il s’engage dans l’armée pour cinq ans en 1886. Il est incorporé au 10è Régiment de Cuirassiers puis admis à l’école de l’escadron à cheval le 1er octobre de la même année. Il est noté sur son livret militaire qu’il « est particulièrement apte au service de la Cavalerie ».

Il obtient le diplôme de Prévôt d’escrime en 1888 et devient brigadier prévôt d’arme le 18 septembre 1889.

Affecté au régiment de Cuirassiers en garnison à Vouziers dans les Ardennes, il a fière allure sur son cheval appelé Austerlitz !

Et c’est là qu’il séduit une douce jeune fille de 20 ans, Laure, vivant chez ses parents dans le petit village de Boult-aux-Bois.

Laure Amanda Fleury est la fille de Jean-Baptiste Fleury, bûcheron et de Bazéline Cosset. Elle a eu la chance de faire quelques études car elle est titulaire du Brevet Elémentaire.

François Edouard est passé dans la réserve de l’armée active le 24 septembre 1890 ; aussi, ils se marient le 27 septembre à Boult-aux-Bois et partent s’installer à Saint-Paul-lès-Dax.

L’année 1891 a mal commencé, un grand froid suivi de gelées a poussé le préfet à remettre en fonctionnement les fourneaux économiques pour soulager les plus pauvres. L’hiver a été plus rigoureux que celui de la terrible année 1871.

Mais ce n’est pas fini, une maladie étrange détruit les raisins rouges en Chalosse. Les grappes desséchées tombent en 48 heures. C’est le black-root. L’avancée de la maladie est foudroyante. Elle a détruit les espérances fondées sur la vigne pour cette année. Les maïs ont souffert de la chaleur et du défaut de pluie. Dans la Grande Lande les gemmeurs sont mécontents, la récolte sera inférieure à celle de l’année précédente.

Enfin une bonne nouvelle, cette année, le département des Landes est autorisé à planter 250 hectares de tabac pour l’approvisionnement des manufactures de l’Etat.

En juillet  naît leur premier enfant Anne Marie Thérèse (ma grand-mère).

D’après les écrits de mon père, François Edouard affectionnait le costume landais, large pantalon, ceinture de flanelle, espadrilles et béret. Il était aussi grand buveur de vin et de rhum.

Cette année, l’ouverture de la chasse aura lieu le 15 août et François Edouard pourra s’adonner à la chasse à la bécasse qu’il affectionne particulièrement.

Les prochaines fêtes de Dax se préparent. Dix taureaux venant d’Espagne sont attendus pour le 18 août. On les dit fort beaux et pleins d’ardeur. Ce quatre septembre, après quelque inquiétude, le temps s’est mis au beau. Dans l’arène remplie d’aficionados, les Landais ont fait de fort jolies passes, le saut à la «  garrocha » par le sémillant Bosco a valu à ce toréador de nombreux bravos. Pendant trois jours, le public a manifesté sa satisfaction en jetant dans l’arène des fleurs, des éventails, des mouchoirs, des chapeaux.

Mais il faut bien faire vivre sa famille, aussi, en 1892, François Edouard devient secrétaire surnuméraire du Commissaire de Police de Dax.

La cohabitation avec les parents Labau devenant de plus en plus difficile, le jeune couple repart pour Boult-aux-Bois où naitra, en 1893, leur fils Louis Fernand.

En 1905, le père, Joseph Labau, décède. Laure constatant que son mari est peu enclin à reprendre la gestion des métairies familiales, étant incapable de maitriser ses dépenses, elle demande la séparation de biens en 1907 et devient institutrice publique à Reims.

En 1910, François Edouard présente sa candidature aux fonctions de préposé aux Douanes, en vain.

Pendant la Première Guerre Mondiale, la ville de Reims est évacuée. Le couple, leur fille Thérèse, alors enceinte, et son époux Raymond Peltier partent pour le Sud-Ouest où ils logeront chez la famille Darricarrère, au château de la Tour de Fargues.

François Edouard devient garde municipal auxiliaire à Dax jusqu’à la fin de la guerre. Puis retour à Reims où il est, pour quelques temps, maître d’arme dans la salle qu'il a crée. Ayant une belle plume, il collabore également au journal « L’éclaireur de l’Est ».

Laure est institutrice à l’école maternelle de la rue du Mont-d’Arène où elle enseigne dans  une classe de 100 élèves ! La famille vit rue de Trianon.

Laure ne lui adressant plus la parole, François Edouard retourne finalement s’installer à Boult-aux-Bois où il passe pour un excentrique aux yeux de la population. Il est très remonté contre l’Eglise après avoir découvert que sa tante Marthe Nogaro avait légué toute sa fortune, par testament, à une institution religieuse. Le curé du village évitait de passer devant sa maison pour ne pas entendre les cris de corbeau poussés par François Edouard !

Devenu obèse et diabétique, il s’éteindra en 1936.

 

 

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