Ardennes 1870 2/2
Il fut décidé que la 1ere compagnie resterait à Quatre-Champs, la 2ème gagnerait Boult-aux-Bois par la forêt, la 3ème se posterait sur les hauteurs de Belleville, enfin, la 106ème reprendrait la route vers la Meuse (le fleuve).
C’était une armée en perdition.
Mais en arrivant à Boult vers 9 heures, le général de Failly apprit que des forces ennemies considérables défilaient à quelques kilomètres en arrière de Buzancy.
A Boult-aux-Bois, où on avait campé dans la boue, on attendait toujours l’intendance désorganisée par les marches continuelles et les changements de direction.
Dans les villages traversés, plus une bouchée de pain ni de pommes de terre. Les propriétaires éloignaient leurs chevaux pour échapper aux réquisitions, les familles se groupaient, les marchands effacaient leurs enseignes. On cachait les armes, l’argent, les vivres.
Le 30 août, les derniers français sont partis. Le village est abandonné. Le 31, arrivent les soldats prussiens. Ils prennent possession des logements et des granges pour leurs chevaux.
La 2ème brigade doit protéger Bazeilles sur le flanc sud-est de Sedan. Le 1er septembre, les forces bavaroises attaquent le village. Les pertes seront nombreuses dans les deux camps. Les français battent en retraite.
L’armée de Mac Mahon est forcée de se retirer à Sedan, assiégée et détruite conduisant à la reddition de l’Empereur.
Le département des Ardennes restera occupé à titre de gage jusqu’au versement de l’indemnité de guerre et ne sera libéré qu’en juillet 1873.
Comment mes ancêtres ont-il vécu cette période ?
De nombreuses archives ayant disparues il est difficile de connaitre leur vie militaire. Mais on peut faire quelques déductions.
Il y a les grands-parents : Jean-Baptiste Fleury, 45 ans, bûcheron , trop âgé pour être mobilisé. Son épouse Marie Basiline Cosset.
Leurs enfants : Marie Mélina, 21 ans a épousé Albert Baijot, 27 ans, boulanger à Falaise. Il a surement été mobilisé. Leur fils Ulysse a deux ans.
Alphonse, 19 ans, boulanger, a été réquisitionné pour faire le pain des troupes. Il ne se mariera qu’en 1876.
Adolphe, 12 ans, déjà bûcheron avec son père.
Laure, mon arrière-grand-mère, a un an.
Les oncles et les tantes : Marguerite Fleury, 63 ans, et son mari Jean-Baptiste Lavaux, 62 ans.
Marie Fleury, 55 ans et son mari Jean-Marie Haudecoeur, 63 ans, bûcheron.
Leur fille Albertine, 22 ans et son mari Pierre Joly de Brézillon, 30 ans, employé aux chemins de fer de l’Est, surement mobilisé.
Marie Emilie Fleury, 62 ans, célibataire.
Jules Eugène Cosset, le cousin, 20 ans, bûcheron, rejoindra la troupe
Toutes ces personnes ont survécu à la guerre. Seule Marguerite Fleury est décédée en 1871.
Dans le village de Boult-aux-Bois il y a eu en 1870 six naissances, six décès mais pas de mariage.
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