Nicolas PRINET et la poudrière de Laon

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photo Wikimedia Commons

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Nicolas PRINET est né le 23 mars 1846 à Rozoy-sur-Serre (Aisne)  de Pierre Nicolas, manouvrier et de Marie Elisabeth Colombé, couturière.

En 1866, il a vingt ans, c’est l’âge de la conscription.

Il est intégré aux gardes mobiles de Laon. Cette unité a été créée le 1er février 1868 dans le but de renforcer les effectifs de l’armée. Il en prend pour cinq ans.

1870. La France est en guerre contre la Prusse. Les troupes ennemies se dirigent vers Paris. Laon est sur leur chemin. Cette ville et sa forteresse apparaissent comme une position facile à défendre si les conditions d’armement et d’approvisionnement ont été satisfaisantes, ce qui est loin d’être le cas.

Le Général Thérémin d’Hame avait accepté, malgré son âge, de préparer la défense de l’Aisne. Il fallait organiser la garde nationale sédentaire, la garde mobile, les francs-tireurs. Pas de troupe régulière pour défendre Laon, ni infanterie, ni génie, ni artillerie. A peine un bataillon de gardes mobiles et la garde nationale, à peine formés. Treize canons dont dix en mauvais état, peu de munitions, peu d’approvisionnement et peu d’eau.

Le 28 août, on apprit que Mac-Mahon se dirigeait vers Rethel et Sedan pour venir au secours du maréchal Bazaine à Metz.

Le 6 septembre, une reconnaissance de 28 uhlans* se présenta vers 4 heures en vue de la ville de Laon. Pris sous le feu des gardes mobiles, les uhlans rebroussèrent chemin.

Dans la soirée du 7, vers 4 heures, on aperçut, à l’entrée de la ville, un uhlan portant à la main un drapeau blanc demandant, au nom du roi de Prusse, la reddition de la citadelle et de la ville.

Le général Thérémin avait reçu du ministre de la guerre l’ordre de se replier vers Soissons si la ville était menacée mais, cédant aux scrupules militaires, il hésitait à évacuer la citadelle dont la garde lui avait été confiée.

Après avoir informé le ministre de la demande de reddition, la réponse arriva : « Vous devez tenir jusqu’à votre dernier biscuit, votre dernier boulet, votre dernier soldat. »

L’ennemi s’était avancé, on distinguait ses lignes, ses tentes, ses avant-postes.

Un second parlementaire se présenta avec une sommation écrite : la citadelle de Laon devait, dans un délai de 18 heures, se rendre et livrer ses vivres, ses munitions et son matériel. Le général, les officiers et les troupes régulières seraient prisonniers de guerre. Si la reddition n’était pas accomplie, la ville serait brulée.

Il fut décidé ce jour même à 10 heures du matin que la capitulation de la place serait portée au quartier général du duc de Mecklembourg.

Vers onze heures et demie, l’armée d’invasion entrait dans la ville sous une pluie battante et aux sons de la musique, montait à la citadelle et en prenait possession.

Le général Thérémin venait de rendre son épée au duc de Mecklembourg et se préparait à signer la capitulation lorsqu’une effroyable détonation se fit entendre. La poudrière renfermant 26 000 kg de poudre avait sauté.

Murailles, bâtiments, citadelles, portes, toits, arbres et les quartiers alentours furent détruits.

176 gardes mobiles et 33 Prussiens furent tués. Nicolas Prinet en fit partie. Enterrés dans le cimetière de l’Hôtel-Dieu, ils furent déplacés dans le cimetière Saint-Just où un monument commémoratif fut élevé. On releva aussi de nombreux blessés.

Le duc de Mecklembourg fut légèrement touché, quant au général Thérémin, blessé à la tête, il décèdera quelques jours plus tard.

Dix fonctionnaires et notables de la ville seront pris en otage et emmenés en Prusse comme prisonniers.

Dieudonné Henriot, garde d’artillerie, le seul à détenir les clés de la poudrière a été soupçonné de la mise à feu. Son corps, certainement enseveli, n’a pas été retrouvé dans les décombres.

*Uhlan : cavalier mercenaire de l’armée de Prusse.

 

Nicolas PRINET et la poudrière de Laon
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