Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie – 11/18
Le 1er avril, ce n’est pas un poisson, une rixe éclate entre deux gardiens à propos d’une femme : tout a volé, la vaisselle, les bidons, le sang a coulé. Le lendemain, le commandant décide de leur accorder l’amnistie mais il n’est nullement questions des déportés enfermés dans les cachots.
Le 3 avril, le vent est bon. Deux femmes descendent au cachot. Le scorbut fait de nouveaux ravages. Ce sont maintenant les déportés de Saint-Martin-de-Ré qui sont touchés. Les mieux portants consolent les autres et les plus forts aident les plus faibles. Pour le moment il n’y a pas encore de mort. Les cachalots suivent le navire. Le bâton de réglisse est le remède souverain contre tous les maux : c’est simple et peu couteux.
Le 5 il y a plus de 150 malades à bord et on est encore loin de l’Australie. Le dernier porc a été abattu mais le commandant possède toujours dix poulets.
Le 7, l’Orne se trouve au sud du cap Leuwin. Les gardiens deviennent nerveux ; la veille, l’un d’entre eux a bousculé un paralysé qui se trouvait sur son passage et a prétendu le mettre au cachot ; la punition a été refusée. La nuit a été affreuse, du vent et de la pluie. Personne n’a pu dormir.