Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie – 12/18
Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie – 12/18
Un premier déporté est mort dans la journée. C’est un nommé Jean Romain ; il était né le 21 octobre 1822 à Fontaines en Dordogne. C’était un ancien zouave qui avait effectué 12 années de service ; malade, il n’avait pas été admis à l’infirmerie et était resté dans la batterie. Les déportés sont toujours à la demi-portion de pain, les biscuits « aux vers » font le complément.
Le 8, la brise n’est pas fameuse, le navire ne fait presque pas de route. Romain a été immergé à 5 heures 30 du matin ; la présence de l’aumônier a été imposée. La machine est toujours arrêtée, on économise le charbon, il y a des « petits profits » en vue. 210 malades sont couchés un peu partout. On remet la machine en route mais pas pour longtemps, dans la soirée on reprend la voile. D’après les rumeurs, il y aurait eu un complot à bord.
Le 9 on compte 5 nouveaux scorbutiques.
Le 10 on se trouve maintenant au sud de l’Australie. Le temps est beau, la mer est calme et on avance à petite vitesse. Les malades sont pâles et ont les jambes noires, tuméfiées et indurées. Ils ne peuvent plus faire un seul mouvement. On les installe sur des matelas en plein soleil sur le pont. Deux femmes sont encore mises au cachot et une passagère « libre »a été surprise dans la cale au charbon avec un matelot.