Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie - 5/18

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Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie - 5/18
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Le 21 le navire est à la hauteur de Pernanbouc (Brésil).Il n’y a plus de vent, on marche à la vapeur. La chaleur est terrible. Certains prétendent qu’on fera escale au Cap pour charbonner. Toujours est-il que l’Orne vire de bord et se dirige vers le cap de Bonne Espérance en sautant l’escale de San Catarina au Brésil. Cette décision sera lourde de conséquences et elle résulte de directives confidentielles reçues par le commandant à l’escale de Dakar.

 Le 23 on marche à la voile depuis la veille . A la visite du commandant, un déporté enfermé dans les cachots se plaint de son état de santé, il a été puni pour les éternelles histoires de femmes.

Le 24 on est dans l’été austral, les jours s’allongent mais les sabords sont fermés à 6 heures du soir, c’est le règlement. Humidité et chaleur sont le lot quotidien, les dalots (petits canaux) sont bouchés et l’eau puante remonte sur les planchers. Des parasites se mettent dans les vêtements. Il y a en permanence un homme au cachot et quatre aux fers ; un nommé Sydo d’origine italienne est devenu fou.

Le 26, le temps devient froid et chacun saisit ses vêtements de laine. Les matelots sont en vigie, guettant les bancs de glaces. La nourriture est infecte et l’eau est imbuvable. Des sentinelles sont placées devant le quartier des femmes mariées ( épouses de gardiens et de personnel administratif rejoignant leur poste en Nouvelle Calédonie). Même les maris ne peuvent approcher, mais pour les dégourdis il y a les tas de foin sur le pont.

 

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