Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie - 6/18

Publié le

Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie - 6/18
Publicité

 

Le 28 on aperçoit une bande d’oiseaux. Il ne reste plus que sept poules. Il n’y a pas grand-chose à manger à l’infirmerie mais à la table du commandant et à celle des officiers on ne manque de rien, à chacun ses vivres. Les femmes des gardiens ont provoqué une fois de plus un scandale ; une d’entre elles s’est fait surprendre avec un maître et le mari est furieux !

Le soir, une prière est dite sur le pont pour tous les disponibles dont la présence est obligatoire, elle s’applique aussi aux juifs et aux mahométans. C’est un décret impérial.

La fille condamnée est toujours au cachot. Les déportés flottent dans leurs vêtements. Trois cas de scorbut se sont déclarés à bord.

Le 2 mars les déportés ont le nez rouge et les mains bleues. Ils sont toujours aussi mal nourris et restent prostrés, ne disposant dans leurs cages que d’une surface d’un mètre carré. La discipline se resserre et les officiers de service deviennent très exigeants sur la propreté. Trois nouveaux cas de scorbut sont signalés. On lave le pont à l’aube à l’eau froide. Une passagère a une crise de nerfs et hurle dans le vent.

Le 4 le capitaine d’armes descend quatre femmes au cachot. Encore une affaire de jalousie. Celle qui a déjà été enfermée aurait bénéficié « d’attentions particulières » de la part des gardiens. Il pleut toujours et il y a de l’orage. Le docteur visite les déportés et examine gencives et mollets. Certains parlent maintenant de suicide. Une fillette de cinq ans est morte.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article