Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie - 7/18
Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie - 7/18
Le 8 mars et comme pendant les jours précédents le navire ne bénéficie pas de vent favorable. Les déportés trouvent des vers dans les biscuits. Des bruits circulent sur une escale possible au Cap. La ration de pain est tombée à 350 grammes par jour et les conserves dégagent une mauvaise odeur. Le commandant veut à tout prix faire peindre les murailles du navire à la chaux et ceci en pleine humidité. Il y a des incidents avec les déportés requis pour ce travail. Les récalcitrants sont mis aux fers ou au cachot. Un gardien fait une demande de punition contre un déporté qui mérite d’être relevée : « pour avoir poussé son escouade à la haine et au mépris du lard avec préméditation ». Elle n’est pas acceptée.
Le 10 mars, les malles et les animaux sont toujours à la dérive dans les cales et les enteponts. Le nombre de malades ne cesse d’augmenter. Le médecin fait distribuer de l’eau de vie. Les déportés ont les pieds dans l’eau et les officiers tirent des albatros. Le commandant fait enlever les dernières voiles et on se met à la cape. Vers 9 heures le vent se lève, on risque quelques toiles. A onze heures le navire file neuf nœuds. Il y a eu trois marins et deux déportés blessés. Deux nouveaux malades sont découverts. L’eau destinée à la boisson est insuffisamment distillée et reste si salée qu’elle est imbuvable.
La devise du commandant est : « pas de pitié pour les Communards ».