Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie - 8/18

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Le 12, l’Orne passe le Cap de Bonne-Espérance. Il y a des provocations de la part des matelots lors de la distribution d’eau. La longueur du voyage rend les gens nerveux. L’officier de détail et la religieuse responsable des condamnés passent l’inspection de la cloison isolant les détenues ; la sainte femme voit déjà quelques passe-murailles , méditant un mauvais coup qui pourrait porter atteinte à la morale.

Le 14, depuis le jour précédent, le navire remonte vers le nord. 21 détenus qui avaient été internés au fort de Quélern et qui logent dans la batterie basse sont atteints du scorbut. Un matelot est mort faute de soins, il avait été brutalisé par un officier-marinier au cours d’une manoeuvre. Il n’y a plus de fourrage pour les bœufs. La ration du jour se compose de deux sardines avec des biscuits remplis de vers. L’eau des caisses est de couleur brun foncé.

Le 16, le vent est complètement tombé. Les rochers sont à fleur d’eau, une vigie est installée à l’avant mais étant donné la vitesse réalisée, on ne risque pas grand-chose. Dans la matinée le vent se lève. Les histoires de correspondances clandestines continuent malgré les risques encourus. Les passagères « libres » font aussi beaucoup parler d’elles et ceux qui obtiennent « les faveurs » de ces dames s’en vantent. Tout cela amène jalousies et médisances.

Une ration de viande est distribuée aux scorbutiques. Les commis « tripotent » sur les vivres. Le navire est encore en panne toute la nuit.

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