Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie. 15/18
Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie. 15/18
Le 18 avril, la terre est annoncée par les vigies et le pilote, accompagné des « health officers » (contrôle sanitaire) s’approche du bord. Le scorbut n’étant pas considéré comme une maladie contagieuse près des côtes, il n’y aura pas de quarantaine.
Des petits bateaux, maintenant assez nombreux, commencent à tourner autour de l’Orne, les Australiens veulent voir les Communards. Depuis le matin, le navire fait escale à Melbourne. Des fruits et des légumes frais sont embarqués. Quelques visiteurs sont autorisés à monter à bord mais les sentinelles en armes veillent sur le pont. Leurs sabords ouverts, les déportés peuvent voir la ville et engager la conversation avec les journalistes.
Les passagers des barques appellent les déportés et les encouragent à sauter à la mer : « Come here in our skiff ! », mais il y a les grilles et il faudrait pouvoir monter sur le pont où sont postées les sentinelles. Quelques Australiennes peuvent circuler dans les batteries et s’attendrissent sur le sort des prisonniers. Dans tous ces va-et-vients, un homme arrive à se glisser : Michel Sérigné qui avait réussi à se faire employer aux cuisines, fausse compagnie à ses geôliers et disparaît le 21 avril 1873. Cet ancien marin était né à Narbonne le 17 février 1839 et avait servi 10 ans dans la marine de l’Etat ; pendant la Commune il était maître canonnier sur La Claymore. Un exilé de 1852 le cachera dans les greniers du Consulat de France. Le commandant est furieux, il fait une demande de recherche à la police australienne mais le dossier n’est pas bien convaincant : il n’est ni un assassin ni un incendiaire.