Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie. 16/18

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Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie. 16/18

Le 23 au matin, après avoir embarqué six bœufs, 17 moutons et plusieurs cages de poules, l’Orne lève l’ancre et change de mouillage. Le commandant a appris qu’une collecte avait été organisée par les habitants de Melbourne et qu’ils se disposent à offrir des vêtements, des vivres et 40 000 francs. Il refuse le tout et dit qu’il n’a besoin de rien. Ordre est donné aux factionnaires de repousser les barques qui approcheraient de trop près.

Le 24 l’ancre est à nouveau remontée à 10h45 et le navire quitte Melbourne. Dans la soirée un appel est fait par les gardiens qui reprennent la main. Le 26, on s’éloigne du continent australien. La veille, vendredi, jour maigre, il n’y a pas eu de distribution de bœuf, seulement un morceau de fromage et du pain australien. Une condamnée a tenté de se suicider. Un déporté vient de tomber dans la cale ; il souffre de lésions internes. L’état des malades connaît une nette amélioration, mais ils ne sont pas pour autant guéris. Une femme enfermée dans les cachots est atteinte d’une fluxion se poitrine.

Le 28 avril, alors que le navire fait route vers Nouméa, on entend des cris et des bruits de lutte dans la cage des femmes : des condamnées sont aux prises avec le religieuses qui appellent la garde ; quatre bagnardes sont expédiées au cachot les mains immobilisées par des menottes aux bords tranchants. Des bruits courent que l’île Maré serait le lieu de déportation. Une voile est déchirée pour la troisième fois. Une condamnée est remontée de la cale sans connaissance et admise à l’infirmerie.

 

 

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