Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie. 4/18
Le 5 février les canots sont halés à bord et, par une brise légère, l’Orne quitte le mouillage de Gorée à 12 h 30. Le gardien « galeux » s’est mis dans la tête de faire un appel par numéro-matricule, les déportés protestent et 60 prisonniers sont rationnés en vin. Le navire marche maintenant à la voile.
Le 9 février, cap au sud. Les femmes continuent à faire parler d’elles avec leurs petits billets. Les déportés de corvée raclent le plancher. Les sabords sont fermés, le navire marche à la vapeur et la température est de 50° dans les batteries. Le commandant devient de plus en plus tatillon, l’aumônier y est sûrement pour quelque chose. Les poulets embarqués meurent de soif dans leur cage et un déporté, marchand de volaille de son état, vient à leur secours.
Le 11 février, la batterie basse a droit à deux promenades, on entend des gémissements et des plaintes, la chaleur devient insupportable. A 9 heures du soir, la ligne (équateur) est traversée. Un homme a été placé à la barre de justice. Les côtes du Brésil ne sont plus éloignées. L’espoir renaît parmi les déportés. Les surveillants ont interdit de fumer dans les poulaines (wc), les religieuses refusent toujours aux condamnées l’autorisation de danser. La mer est agitée, toutes les voiles sont retirées. La femme d’un gendarme a été surprise dans la cuisine à se préparer des « petits plats ».
Le 19, les religieuses ont de graves difficultés avec les condamnées. Le commandant a décidé de punir les récalcitrantes en les consignant dans leur cage. Le 20 la mer est calmée, il y a beaucoup de malades, la nourriture est mauvaise et les cuisines sont mal tenues ce qui n’empêche pas l’état major de déguster des bouteilles de Moët ou de Clicquot et de savourer la cille au lard. Les gardiens ont un nouvel accrochage avec les condamnées.
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