Embarqués sur l’Orne pour rejoindre les bagnes de Nouvelle-Calédonie. 17/18
Le 1er mai, Ballière prétend que l'Orne a dépassé la latitude de la Nouvelle-Calédonie, en réalité on est encore bien loin de cette terre. On pompe toujours dans les cales. Un homme est tombé de son hamac et a eu une épaule fracturée. L'aumônier, voulant rendre visite aux condamnées a été fort mal reçu. Le 3 mai, on apprend que les lettres remises cachetées à Melbourne ont été ouvertes par les soins du commandant et que certaines d'entre elles ont été détruites. La nuit précédente, le navire est passé au large de l'île de Norfolk.
Le 4 mai, à trois heures de l'après-midi, la vigie annonce :"Terre en vue". On s'engage dans la passe de Boulari et l'on aperçoit le phare de l'île Amédée. A quatre heures, le pilote arrive à bord d'un canot arborant le pavillon jaune : c'est le service de santé. Le Rhin est arrivé un peu avant l'Orne avec un chargement de forçats. Le 5 mai, le débarquement commence ; les embarcations sont mises à la mer. Les artilleurs et leur capitaine ainsi qu'une religieuse et les passagers libres quittent le bord. Un canot monté par des forçats amène un gendarme et son épouse. les déportés obtiennent ainsi les premières nouvelles de leurs camarades condamnés au bagne. Des matelots mutés passent sur l'Atlante. Le courrier distribué est maigre : cinq ou six lettres en tout.